Virginia : « Nous les filles au cheveux crépus, je trouve qu’on a une chance parce qu’on a une versatilité de fou»

Elle, c’est Virginia AMABLE. Martiniquaise de 22 ans et étudiante en ESI ( Étudiante en Soin Infirmier) à Toulouse (France). Personne ne pourra ne pas remarquer la beauté qu’elle dégage au travers son visage ovale, son regard foudroyant et ses lèvres pulpeuses. Virginia porte ses cheveux naturels depuis 1 an. On peut même compter deux ans puisqu’elle a fait une transition d’une année. L’état de ses cheveux défrisés était le déclic qui l’a embarqué dans le Boeing « Nappy ». De sa voix douce, elle nous parle de son histoire capillaire.

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La Cité Des crépus : Pourquoi un retour au naturel ?

Virginia : Je suis revenue au naturel parce que mes cheveux m’ont alerté. J’en avais marre. Ils se cassaient énormément car je faisais beaucoup de défrisage, de tissage etc. J’ai donc essayé de trouver la solution la plus adaptée pour y remédier. Je me suis ainsi renseignée sur l’internet et je suis tombée sur un blog (Curly Girls) et d’autres qui m’ont beaucoup intéressé. Ensuite, j’étais allée voir un coiffeur visagiste parce que je ne savais pas quelles coiffures allaient avec mon visage. Celui-ci a touché mon cuir chevelu et m’a dit que j’avais une texture crépue et bouclée . Et il m’a conseillé de laisser mes cheveux au naturel. De là, je me suis remise en question en me disant pourquoi ne pas tenter l’aventure. J’ai fait ensuite des recherches, par rapport comment revenir au naturel. J’avais deux possibilités la transition ou le big chop. Et j’ai opté pour la transition parce que je ne voulais pas tout reprendre à zéro (sourire).

La Cité Des crépus : Raconte nous comment ça s’est fait ton big chop ?

Virginia : Je coupais mes pointes au fur et à mesure que mes cheveux poussaient. Je le faisais une fois par mois. Mon big chop, je l’ai fait à la maison. C’est mon ami qui me l’a d’ailleurs fait avec un ciseau de coiffeur (sourire). Et un mois après je suis allée dans un salon de coiffure pour régulariser la coupe. Le jour de mon big chop, j’étais stressée je l’avoue. Mais j’avais hâte de voir la finalité après un an de transition. J’étais tout de même contente, bien que j’aie de petites longueurs.

La Cité Des crépus : à t’entendre ton compagnon t’a beaucoup encouragé dans cette décision. Quel a été la réaction de ton entourage (amis, familles, collègues)?

Virginia : Mon compagnon, c’est celui qui m’a plus soutenu . Il m’a plus poussé. Il m’aidait souvent à appliquer parfois mes soins et me coupait les pointes. Il s’y mettait à fond. J’en profite pour lui dire Merci et bisou (sourire). Par contre ça été très compliqué avec ma famille. Parce qu’elle n’avait pas tout de suite compris mon projet. Cela a été un petit peu critique. Ils ne m’ont pas soutenu. Ils s’en sont plutôt rigolé, surtout mon frère jumeau. Ce n’était pas facile mais je me suis accrochée. Car je me suis dit peu importe ce que les autres pensent, peu importe ce que ma famille pense, le principal c’est que je me sente bien. Et je me suis sentie bien en faisant cela et là encore je me sens bien avec mes cheveux à moi, mes cheveux naturels (sourire). Aujourd’hui ma famille trouve mes cheveux beaux. Et j’ai une sœur qui a aussi emboîté le pas

La Cité Des crépus : Être Nappy c’est quoi pour toi?

Virginia : Être nappy pour moi, ce n’est pas avoir des cheveux afro c’est plutôt l’acceptation de mon identité. Moi qui suis née en métropole, C’est une manière de dire, je suis 100 % antillaises (sourire). Après on peut le voir bien évidemment sous différentes formes, par forcément par nos cheveux. C’était important pour moi de revenir au naturel.

La Cité Des crépus : Comment tu vis avec tes crépus ?

Virginia : Par moments ça peut se passer super bien, et parfois ça peut être compliqué pour les démêler. Il faut forcément connaître le type de cheveux qu’on a. C’est très important pour notre quotidien. Cela permet de savoir quels soins qui vont ou pas à vos cheveux. Ça dépend aussi de leur humeur. Ma touffe de temps en temps(sourire) est un peu compliquée, mais j’arrive à l’entendre. En fait il faut les écouter parler (sourire). Je sais que c’est un peu bizarre ce que je dis (sourire) mais il faut les écouter. Si, par exemple au toucher on sent qu’il manque d’hydratation, de couleur, de brillance etc. Aussi il faut avoir une bonne alimentation. Pour avoir des cheveux sains, il faut avoir un corps sain.

La Cité Des crépus : En quoi consiste ta routine capillaire?

Virginia : Je fais un avant shampoing à l’huile d’avocat ( pré poo).

Un shampoing hydratant et nourrissant de la gamme ElfyNatural, parce que j’ai des cheveux à faible porosité.
un après shampoing et un leave-in de la memê gamme, pour l’hydratation que je fais 2 ou 3 fois par semaine un masque hydratant, après je fais des petites vanilles sur toute la tête et je mets mon bonnet en satin pour dormir ceci pour éviter les flottements avec le coton de mon oreiller.

La Cité Des crépus : Est-ce difficile de prendre soin de ses cheveux naturels vu tout ce qu’il faut faire pour qu’ils soient beaux ?

Virginia : Les cheveux naturels demandent du temps, c’est vrai. Mais c’est important pour moi de prendre le temps possible pour les chouchouter(sourire). Certes ça prend du temps mais ce n’est pas aussi difficile d’en prendre soin.

La Cité Des crépus : Certaines personnes disent que les filles aux cheveux naturels ne sont pas belles . Qu’en penses-tu ?

Virginia : Je dirai le contraire. Les filles aux cheveux naturels sont les plus belles. Rien de plus beau d’avoir ses cheveux crépus. Mon conjoint me trouve magnifique et belle, c’est déjà suffisant pour moi. Tant que l’on en prend soin, ils sont beaux et ils vous rendent belle. Nous les filles aux cheveux crépus, je trouve qu’on a une chance, parce qu’on a une versatilité de fou. On peut faire tout ce qu’on veut avec nos cheveux ( twist out, braids out, Wash and go …).

La Cité Des crépus : On estime souvent que les cheveux crépus sont très rebelles. Est-ce qu’il t’est arrivé de vouloir redéfriser tes cheveux un parce que tu n’en pouvais plus ?

Virginia : Oui les cheveux crépus sont très rebelles je l’avoue, en tout cas les miens. Mais à un moment donné on réussit à les dompter parce qu’il faut apprendre à les écouter comme je l’ai dit tantôt. Ce n’est pas facile tous les jours, mais quand-on veut, on peut.
Je n’ai pas eu envie de me défriser à nouveau. Je trouve qu’ils ont du volume et je kiffe bien mes cheveux, je les adore (sourire).

La Cité des crépus : « être nappy, coûte cher » disent certaines filles. Est-ce le cas avec tes cheveux?

Virginia : Au début oui. Ça me faisait dépenser parce qu’étant débutante on achète des gammes qui ne servent à rien et qui ne sont pas adaptées à nos cheveux. C’était normal, puisqu’on est ignorante en ce qui concerne la porosité de nos cheveux au début de l’aventure. Mais après quand on connaît ce qu’il faut cela ne coûte plus cher.

La Cité des crépus : si tu devais renaître et que dès ton enfance tu devrais choisir entre avoir des cheveux crépus ou défrisés. Quel serait ton choix?

Virginia : J’aurai choisi ne jamais connaître le défrisage. Je me suis défrisée les cheveux parce que j’avais subi beaucoup de moqueries quand j’étais ado et j’ai pété un câble. Mes cheveux avaient un shrinkage de fou et tout le monde s’en rigolait. Quand j’allais à la piscine mes cheveux contrairement aux autres ne se lisaient pas mais frisaient. Et les gens ricanaient ‘’oohhh t’a les cheveux qui frisent « . Ensuite pour les démêler c’était une horreur parce que je ne savais pas comment en prendre soin. Et j’ai craqué. Il y a une voisine qui m’a proposé de faire un défrisage et c’est de là tout a commencé. Le défrisage est une étape de ma vie que j’aurais aimé ne pas connaître. Je ne critique pas le défrisage, vous pouvez en fait ce que vous voulez, mais pour moi c’est une expérience que j’aurai ne pas aimée vivre.

La Cité Des crépus : Que penses-tu du défrisage des enfants ?

Virginia : Je ne sais pas vraiment comment aborder ce sujet. Je pense que ce n’est pas une bonne idée. Il faut laisser l’enfant grandir pour qu’il prenne la décision tout seul.

Cité Des Crépus : Un dernier mot ?

Virginia : C’est un honneur pour moi de faire cette interview pour pouvoir aiguiller les personnes qui veulent revenir au naturel. J’espère que cette intervention vous aura plu. Soyez fière de vos cheveux. Bon courage à celles qui entament la transition ou le big chop. Ne lâchez pas. Ce n’est pas facile, mais quand on veut, on peut. Je vous fais un milliard de bisous (sourire).

Lire aussi : Syntyche : « Mes cheveux crépus et moi, c’est une histoire d’amour »

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Tu as des cheveux crépus ou frisés et tu vis en Afrique ou quelque part dans le monde et tu as envie de nous parler de ton retour au naturel, de « ta touffe», n’hésite pas. Contacte-nous en commentaire sur le blog , ou sur nos pages Facebook et Instagram.

A bientôt !!!!!!!!!

Crépusquement vôtre !!!!!!!!!!!!!!!!!

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